SWFObject embed by Geoff Stearns (basic) @ deconcept

mardi 18 mars 2025

Mardi 18 mars 2025. 19h00.

Travaillé un peu pour le festival du Livre de Nice. J’ai installé des nichoirs dans les coins discrets du jardin.

Lundi 17 mars 2025. 20h50.

M. Deminguet revient la semaine prochaine. Sa peinture de cet été s’effrite dans l’entrée et la cuisine. C’est humide, dit-il. Sauf que ça l’était avant et que ça avait tenu des années. Bon. Il va donc refaire les murs abîmés. Mais il a fallu, une fois de plus, vider les armoires, décrocher tous les cadres. Et comme il en profitera pour installer le long tapis dans le couloir, j’ai dû aussi, pour lui laisser le champ libre, déloger une bonne partie des habitants de mon petit cabinet de curiosités. Je déteste bousculer l’ordinaire des choses, bouger ce qui me semble avoir enfin trouvé sa place. Cela fait des clapots dans la boue de mes vieilles angoisses. Amélie est repartie. Avant de l’accompagner au train, nous avons été cueillir de la mélisse.

Dimanche 16 mars 2025. 21h20.

Je m’étais promis de bien me couvrir pour la messe à la Lucerne. Cette fois encore, je ne l’ai pas fait assez. Dehors le ciel était couvert et il faisait à peine plus de 7°. Je ne sais pas de combien la température descend dans l’abbatiale, mais c’est véritablement une glacière. L’homélie portait sur le recours nécessaire à la prière. La mienne s'engourdissait dans le froid. Au retour du soleil, nous avons travaillé au jardin. Taillé, désherbé, planté les trois nouveaux halopeanum dans la plate-bande des anémones du Japon, arrosé. Les oiseaux sont revenus en nombre au jardin. Ça chante, ça pépie, ça siffle. Il y a ceux qu’on entend sans les voir : les chardonnerets, les verdiers, les pouillots. Ceux qu’on aperçoit : les troglodytes, les pinsons. Et puis les familiers : les mésanges, les merles, les rouges-gorges. Ces derniers, à une main de distance, guettant ce qu’ils pourraient bien picorer dans la terre fraîchement remuée. Amélie ne rentre que demain soir à Paris. Cette soirée du dimanche qui dure m’apaise. Me rend heureux.

Samedi 15 mars 2025. 19h00.

Amélie a repéré en promenade les premières pousses de mélisse officinale à l’entrée du chemin qui descend après le Clos du Lude. Les feuilles sont déjà bien formées. Elles sont doucement parfumées.

Vendredi 14 mars 2025. 16h55.

Arrivée d’Amélie en fin de matinée à Granville. Juste le temps de déposer ses affaires à la maison et nous sommes allés à notre rendez-vous chez le pédicure. C’est toujours là, le temps de nous faire remettre les pieds à neuf, que nous apprenons les dernières nouvelles du village. Dans la conversation de cette fois-ci, les nouvelles démissions au conseil municipal et la mort de Didier Broust. Il a été emporté en deux semaines par un de ces cancers qu’on appelle « foudroyants ». Cinquante-sept-ans. Il avait ouvert son garage en 2014. Je lui dois l’entretien et les nombreux dépannages de la Twingo et de la 4L. Toujours disponible, toujours arrangeant. Généreux. Au point d’ailleurs qu’on avait toutes les peines du monde à le payer. Plus tard. Je ferai la facture plus tard. Ne vous inquiétez pas. Quant à la mairie, les cabales et autres complots locaux m’indiffèrent. Quoi que certains puissent lui reprocher, je loue le maire depuis son élection de n’avoir pas succombé aux sirènes de tous ces projets d’aménagement qui, avant, ont défiguré une bonne part de Carolles. Il est sage.

jeudi 13 mars 2025

Jeudi 13 mars 2025. 20h10.

J’ai reçu les trois halopeanum que j’avais commandés à une pépinière bretonne. Je les planterai loin des sujets malades. En attendant, je les ai mis à l’abri car la température a chuté d’un coup aujourd’hui. Giboulées de mars. Il a grêlé.

Mercredi 12 mars 2025. 20h00.

J’ai proposé à Amaury des papiers sur Aux abois, le déconcertant roman criminel de Tristan Bernard à L’arbre vengeur et le bel essai sur Paul Valet de Gabriel Dufay aux Belles Lettres. Je dois appeler Nicole aussi qui m’a demandé un texte pour les soixante-quinze ans des éditions Caractères. Je vais être occupé.

Mardi 11 mars 2025. 18h40.

J’ai reçu un message de Sylvie. C’est reparti pour le dossier de presse du festival du Livre de Nice. Elle me prévient que j’aurai peu de temps pour rédiger. Ça ne va guère me changer. Faute d’informations, je me retrouve toujours à le boucler à la dernière minute. Le thème de cette année est Prendre le large. Vaste et brouillardeux programme. Les organisateurs ont choisi comme président Allain Bougrain-Dubourg. Bon, on parlera d’oiseaux…

Lundi 10 mars 2025. 21h05.

J’ai accompagné Amélie à son train. Le lundi soir n’a pas la morosité cafardeuse des dimanches. Les jours d’absence ne se comptent pas pareil.

Lundi 10 mars 2025. 14h15.

L’éditrice de Points m’a fait parvenir une dizaine d’exemplaires de la réimpression de mon anthologie poétique de Jean Cayrol. J’en ai adressé un à Alain Galan. On se connaît depuis dix ans. L’année où il avait publié Peau-en-poil chez Buchet. Hélène, qui était son attachée de presse chez Pygmalion, me l’avait fait découvrir à la fin des années 1990 avec Le dernier pays avant l’hiver. Je m’étais senti alors, tout de suite, enveloppé, abrité, à couvert, dans cette écriture des forêts, des clairières, du craquement des pas et du chant des oiseaux, si étonnement proche de mes émotions d’enfance. Lorsque nous nous sommes rencontrés, c’était comme si nous nous étions étrangement reconnus. Une sorte de fraternité d’espèce. Nous étions des mêmes bois justement. Le même âge aussi. On s’écrit un peu. Je me dis qu’un jour j’irai le voir à Brive.

mercredi 12 mars 2025

Dimanche 9 mars 2025. 22h15.

Messe à l’abbaye de la Lucerne. Premier dimanche de Carême. Qu’est-ce que je vais faire de ce Carême ? Si seulement je parvenais à secouer la gangue d’impuissante rêverie qui m’empêche de travailler. Comment se tenir ferme et savoir aussi s’abandonner ? Dans le graduel, j’ai retenu cette parole du Psaume 90 : Angelis suis mandavit de te, ut custodiant te in omnibus viis tuis./ In manibus portabunt te, ne unquam offendas ad lapidem pedem tuum. (À ses Anges il a donné ordre pour toi de te garder en toutes tes voies;/ en leurs mains ils te porteront, de peur que tu ne viennes à heurter à la pierre ton pied.) Je ne fais pourtant que trébucher. Je dois manquer de confiance. Nous avons jardiné tout l’après-midi. Planté une azalée rouge, un rhododendron blanc. Commencé à désherber les plates-bandes de rosiers. Avant dîner, nous sommes allés sur la falaise voir le soleil se coucher. Amélie ne rentre à Paris que demain soir. Quel bonheur.

Samedi 8 mars 2025. 16h50.

Les primevères sont fleuries partout sur les talus du bocage. Il faudrait que j’aille en glaner quelques-unes pour le jardin, à planter au milieu des jonquilles.

Vendredi 7 mars. 20h20.

Marché à Jullouville. Un beau bar, des moussettes, des sardines, des bulots, des saint-jacques. Je suis allé chercher Amélie à la gare. Elle était restée à Paris hier pour une soirée qu’elle organisait à l’occasion de la sortie poche du livre de Michelle Zauner Pleurer au supermarché. J’ignorais jusqu’à cet événement que Michelle Zauner, n’était pas seulement une auteure mais aussi la chanteuse et guitariste du groupe Japanese Breakfast. Une star de K pop ou/et de rock indié (je ne sais hélas pas bien de quoi il s’agit) : Grammy Awards et tournées mondiales. Amélie était ravie, de la soirée, de la rencontre. Et moi, je l’admire pour l’entregent délicat, mesuré, efficace, qui est le sien.

Jeudi 6 mars 2025. 21h00.

Rédigé mon papier sur le Grouès. Je l’ai envoyé à Lanwenn en lui rappelant mes propositions pour Parmi toutes les autres de Hélène Veyssier et L’accident de Jean-Paul Kauffmann. À suivre.

Mercredi 5 mars 2025. 20h10.

J’ai relu Les braises de Patagonie. Et compris que ce qui m’avait attiré dans ce livre était moins la trame encordée des destins des personnages que leur fusion, leur absorption, dans la géographie, le paysage : ce sud du Chili, âpre, glacé, balayé de vents et d’une stupéfiante beauté. En filigrane, en guide fragile, on trouve Gabriela Mistral, la poétesse, prix Nobel de littérature en 1945. Je me souvenais de ces vers dans l’anthologie qu’avait publié Nicole chez Caractères : Il est des pays que je me rappelle comme je me rappelle mes enfances./ Ce sont des pays de mer ou de fleuve,/ de pâturages, de plaines et d’eaux. J’ai découvert ici, juste cité, un texte de 1931 qu’elle avait écrit pour le quotidien El Mercurio : « La petite carte audible du Chili ». Je suis allé voir. Les cartes visuelles ont déjà été faites, y explique-t-elle, ainsi que les cartes palpables, c'est-à-dire celles du relief ; il manque la carte des résonances qui rendrait un pays « audible ». Le livre de Delphine Grouès porte les souffles, les voix, les échos. J’ai raté la messe des Cendres. Amélie y a assisté à Saint-Germain. J’ai placé mes prières tout à côté des siennes.

Mardi 4 mars 2025. 17h15.

Mes halopeanum sont malades. J’ai dû en arracher un il y a trois ans. Puis son voisin a lentement dégénéré. Les feuilles affaissées, flétries. La semaine dernière j’ai vu que cela gagnait maintenant les autres plants. Il semble que ce soit un genre de mildiou contre lequel il n’y a pas grand-chose à faire. Je vais couper les branches atteintes, mettre du fongicide au pied. Et tâcher de trouver de nouveaux sujets à planter.

Mardi 4 mars 2025. 11h40.

Le gros aspirateur à rendu l’âme. Celui qui servait à nettoyer le poêle. J’ai senti comme une odeur de surchauffe électrique, de plastique fondu. J’ai tout de suite enlevé la prise. J’en ai commandé un nouveau. C’est fou le nombre d’aspirateurs que nous avons acheté pour cette maison. Ils finissent tous par nous lâcher.

lundi 3 mars 2025

Lundi 3 mars 2025. 20h40.

J’ai écrit quelques petits mots pour accompagner l’envoi de mon anthologie poétique de Jean Cayrol publiée en 2009 et que Points vient de rééditer. Il ne s’agit malheureusement pas d’une version revue et corrigée. Dommage. J’aurais bien repris la préface et ajouté une chronologie. Mais Points ne m’avait même pas prévenu du projet. J’ai appris l’affaire par Capucine au moment où elle m’avait sollicité pour l’émission de France Culture sur Cayrol. J’ai contacté alors l’éditrice et j’ai compris assez vite qu’il ne se passerait pas grand-chose autour de ce petit livre. Il s’agit juste d’une simple réédition pour mise à la nouvelle charte de la collection. Je trouvais pourtant que le vingtième anniversaire de la disparition de Cayrol et le quatre-vingtième de la libération des camps offraient une opportunité pour en parler. Mais bon. L’attachée de presse m’a gentiment proposé d’envoyer quelques services. D’où mes petits mots. Sinon, je devais commencer d’écrire mon papier sur le Delphine Grouès. Je n’ai rien fait. Sauf un peu de jardinage.

Dimanche 2 mars 2025. 22h30.

Nous avons nettoyé toutes les jardinières d’aromatiques. J’ai coupé le feuillage fané de la passiflore et fini de tailler les rosiers. Il faisait grand soleil et nous avons même pu prendre le premier verre de l’année sur la terrasse. C’est l’avant-printemps. Journée douce. J’ai accompagné Amélie à la gare de Folligny. Les wagons débordaient d’hurluberlus déguisés et braillards. Fort heureusement, le train s’est vu ajouter un autre élément où elle a pu trouver une place assise.

dimanche 2 mars 2025

Samedi 1er mars 2025. 20h00.

J’ai remporté l’enchère pour le petit tableau de Wislin. J’irai le chercher à Bayeux la semaine prochaine. Amélie a fait de grandes balades avec la chienne. Je ne l’ai pas accompagnée. Je ne me sens pas encore très vaillant. Je me suis contenté d’aller la chercher en voiture à Champeaux, de la déposer à la cabane Vauban, de la rejoindre au Pont-Bleu. Là-bas, au rué du Thar, nous avons regardé le soleil se coucher. La mer était mauve.

- page 1 de 133