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mardi 19 juin 2018

Mardi 19 juin 2018. 17h20.

Beuys, le chat de Marie, ne va pas très fort. Hier, elle a dû l’emmener chez le vétérinaire qui l’a gardé en observation. Il serait insuffisant cardiaque. C’est un vieux chat que je n’ai pas vu vieillir. Marie est bouleversée. J'ai beau toujours avoir été allergique à cette grosse boule de poils (j’éternue…), je suis bouleversé aussi.

Lundi 18 juin 2018. 22h15.

J’ai envoyé le papier à Raphaëlle. Passé une journée molle (Peu dormi. J’avais fini de rédiger très tard). Ecrit un long courriel aux membres du jury du prix Pagnol. Je démissionne. Je ne comprends vraiment pas, et ce n’est pas faute d’y avoir réfléchi, pourquoi a été désigné dès le premier tour de vote un livre qui, quelles que soient ses qualités propres, ne parle pas d’enfance. Pas envie d’ergoter. Il m’est paru plus sage de m’en aller. A la fin de mon message, j’ai placé cette réplique de Fanny : - Va, Marius, tout ce que nous pourrions dire maintenant, ça ne peut plus servir à rien. Va t'en, va. Ne remuons pas le passé./ - Il n'y a pas besoin de le remuer. Il bouge bien assez tout seul. N’empêche, il y a des gens que j’aime bien là-bas.

Dimanche 17 juin 2018. 22h30.

A cause de la grève qui dure toujours à la SNCF, j’ai accompagné tôt Amélie à la gare. Me suis plongé dans Cliff. Pied à pied nous marchons dans le vers du poème,/ et c’est à chaque fois comme s’il nous aidait/ à graver la vérité de la vie quand même/ elle nous fait trembler dans ce que l’on était/ et qui s’effrite peu à peu à chaque pas./ Mais nous continuons à marcher n’est-ce pas ?/ et bêcher le jardin parce qu’il faut le faire/ même si nous avons mal au dos en bêchant,/ il le faut faire afin que notre accent/ s’inscrive congrûment dans le chant de la terre.

Samedi 16 juin 2018. 19h45.

Nous avons écouté, sur France Culture, Une vie, une œuvre, l’émission d’Irène Omelianenko consacrée à Bruno Durocher pour laquelle Françoise Estèbe m’avait enregistré chez Caractères fin mai. C’était étrange d’entendre à nouveau la voix de Bruno Durocher. Etrange aussi de retrouver la mienne à la radio. Je ne m’étais pas entendu depuis Jeux d’Epreuves. Nous sommes partis en balade. Dans les prairies, sur la falaise, la chienne bondit parmi les graminées. Elle lève des lapins qu’elle ne poursuit même pas, toute occupée qu’elle est à ses sauts dans les hautes herbes. Puis d’un coup, elle s’enfouit dans l’épaisseur des tiges, au milieu des vulpins, des avoines, des fléoles. Elle disparaît dans cette mer ondulante. On guette. On attend. On appelle. La Harpe ! La Harpe ! Et au bout d’une éternité, elle surgit, loin, d’un endroit où, vraiment, on ne l’attendait pas.

Vendredi 15 juin 2018. 22h00.

Marché à Jullouville. Courses à Granville. Promenade sur la falaise. Main dans la main. Une journée de riens. Si doux.

Jeudi 14 juin 2018. 21h10.

La chienne et moi, jouons au cœur qui bat le plus vite quand Amélie descend du train à la gare.

Jeudi 14 juin 2018. 17h00.

J’ai écrit à Gabrielle pour savoir où elle en était de son lapin noir perdu dans l’avion et miraculeusement « retrouvé ». Dans une énigmatique lettre en espagnol que je lui avais adressée le mois dernier, l’animal lui donnait de ses nouvelles depuis le Mexique où il avait été recueilli dans une famille. Restait à Gabrielle, pour le récupérer, à appeler Camille, sa marraine, à Mexico. Elle devait (c’est le rôle des marraines dans les contes) débloquer la situation d’un coup de baguette magique. J’attendais juste le feu vert de Camille pour envoyer la bestiole, par la poste, à sa propriétaire. Mais j’ai le sentiment qu’il ne s’est rien passé. Gabrielle qui tenait tant à ce malheureux lapin, s’en fiche à présent. Elle a grandi. Bien vite. A sept ans, elle semble bien déjà ne plus croire aux hasards merveilleux. Et moi qui ai teint en noir une peluche marron, et qui ai inventé autour toute une drôle d’histoire, je suis triste, comme un enfant vieilli.

Mercredi 13 juin 2018. 22h50.

Raphaelle m’a passé la commande ferme du papier sur William Cliff. Il a fait paraître presque simultanément, il y a peu de temps, un long poème en huit « liasses », Matières fermées, à la Table Ronde et Au Nord de Mogador, un recueil, au Dilettante. Je suis très sensible à la poésie de Cliff, à sa manière de dire en cadence, en sonnets, en rimes, son intime ordinaire. Je me suis souvenu, encore, de ma venue, chez lui, à Gembloux. Du paysage plat, de l’entre-champs que coupait, droite, une ancienne voie romaine. On s’est croisés ensuite, plusieurs fois, au marché de la poésie, place Saint-Sulpice. Il devait y être cette année. Ca s’est fini dimanche, je crois. Dîné chez Brigitte et Yann. Je suis rentré un peu gris et content.

Mardi 12 juin 2018. 19h45.

C’est une véritable frénésie d’oiseaux dans le jardin. Les années précédentes, ils avaient plutôt tendance, à la belle saison, à se détourner des graines et des pains de graisse que je laissais, par habitude, à leur disposition. Mais là… Les mangeoires sont envahies de passereaux. Ils s’y agglutinent. Mésanges bleues et charbonnières (quelques huppées), pinsons, rouges-gorges, sitelles, moineaux, accenteurs mouchets, verdiers. Par moments, de plus gros les font fuir : corneilles, pies, geais, ramiers et tourterelles. J’ai vu, sur le toit de la cabane à outils, un pic-épeiche donner la becquée à un jeune tout dodu, à calotte rouge. Je suis émerveillé et effrayé. Qu’est-ce donc qui leur arrive ? En plein printemps, ils n’ont plus de quoi se nourrir ?

Lundi 11 juin 2018. 21h00.

Il n’avait pas plu, mais tout juste, vendredi, à la saint Médard. Aujourd’hui, jour de saint Barnabé, censé remettre tout en ordre, le temps est resté gris et froid. Difficile de faire des prévisions pour l’été. Je travaille. Pour pas grand chose. Quelques lignes à peine. Celles pour évoquer la disgrâce de mon père, renvoyé injustement d’Indochine par de Lattre de Tassigny. Et communier avec son amertume.

lundi 11 juin 2018

Dimanche 10 juin 2018. 20h10.

Longue promenade sur la falaise. Le temps était brumeux et moite. Laiteux. Etouffant. J’ai accompagné Amélie à la gare. Orage en suspens. Pourvu qu’il ne pleuve pas à l’arrivée à Paris.

Samedi 9 juin 2018. 23h50.

Il a plu depuis tôt le matin. Amélie est partie au marché sous des cordes. J’ai préparé mes questions pour la rencontre avec Cécile Reyboz. Vague éclaircie lorsque je suis allé la chercher à la gare de Granville. Je suis content qu’elle soit là. J’ai une vraie admiration pour sa manière d’écrire l’intime, ses grandes et petites tragédies. Elle le fait un pas de côté, l’air de ne pas y être. Et pourtant, elle livre tout avec une grande liberté, une absolue franchise. Elle a du cran aussi. Nous avons fait un peu traîner le déjeuner, salade de homard et rosé frais. Courte balade en Baie entre deux averses avant de rejoindre la salle. Le mauvais temps n’avait pas trop fait fuir les gens. La conversation a duré un bon moment. J’ai pu y glisser cet extrait de la lettre qu’écrivait en 1840 Charles Dodgson à son fils, le futur Lewis Carroll (il avait huit ans) à propos d’outils qu’il avait envoyé chercher en ville : … si on ne me les apporte pas sur-le-champ, je ne laisserai rien en vie, hormis un petit chat, dans la ville de Leeds. Et alors quel vacarme se sera ! Les cochons et les bébés, les chameaux et les papillons rouleront ensemble dans le ruisseau ; les vieilles dames grimperont dans les cheminées poursuivies par des vaches ; les canards se cacheront dans les tasses à café ; les oies bien grasses essayeront de se faufiler dans des boîtes à crayons ; et finalement,on trouvera le maire de Leeds dans une assiette à soupe, recouvert de crème anglaise et tout garni d’amandes pour le faire ressembler à une frangipane. Ce pour tenter, à la déroutante et permanente autodérison dont Cécile Reyboz bouscule ses textes, à sa manière de mettre le monde cul par-dessus tête, d’accrocher une espèce de parenté du loin. Joyeux dîner à la maison où nous avions invité Sophie (qui enregistre toutes les Rencontres et les diffuse sur Avranches FM) et son mari Benoît, qui est vétérinaire à Sartilly.

Vendredi 8 juin 2018. 21h20.

J’ai travaillé au jardin toute la journée. Désherbé à l’arrière de la maison pour que M. Mitaillé puisse passer le coupe bordures avec netteté. Redressé encore les rosiers. Ramassé les pétales qui jonchent partout le sol. La pluie a eu presque raison des Adélaide d’Orléans, des Cécile Brunner. Leurs fleurs fanées font des taches brunes lépreuses. Le printemps est déjà fini. J’ai relu les livres de Cécile Reyboz qui vient demain pour les Rencontres. Jean-Pascal est passé avec un énorme bouquet de romarin. Il rentre à Caen ce soir. Agathe va au bal de son lycée. Robe longue et hauts talons. Elle aussi, comme Camille, a dix-sept ans. Avec qui a-t-elle envie de danser ?

Jeudi 7 juin 2018. 18h00.

J’ai reçu un message des pépinières de Claireau, qui se trouvent quelque part du côté d’Orléans. Je leur avais commandé à l’automne dernier trois symphorines à baies blanches et deux lavatères. Les symphorines, je me souviens, étaient arrivées pas très en forme. J’avais planté tout cela avec beaucoup de soin, paillé pour l’hiver. Mais au printemps, une des symphorines n’a pas repris. J’ai alors téléphoné pour leur faire part de ma mésaventure. Adressez-nous une photo, m’a-t-on dit. Ce que j’ai fait. Puis après presque un mois de silence, voilà qu’on m’envoie promener en quelques lignes : Comme indiqué dans nos conditions générales de vente, de nombreux facteurs extérieurs peuvent rentrer en ligne de compte et nous ne pouvons garantir la reprise de l'ensemble des végétaux que nous commercialisons. De plus, nous n'avons à ce jour eu aucun autre retour négatif de la part de nos clients ayant acheté le même produit. De ce fait, nous sommes au regret de vous informer que nous ne pourrons donner suite à votre demande de remplacement. Blabla, blabla… Je sais, ce n’est pas grand chose. Mais cette petite gredinerie de grainetier, cet affiché mépris d’autrui, m’ont désagréablement poursuivi toute la journée. D’autant que je me souvenais qu’on m’avait changé sans souci qui, des basilics arrivés flétris d’un colis de chez Eric Deloulay ou encore un rosier de chez David Austin qui avait perdu toutes ses feuilles. Enfin, je vais m’en remettre…

Mercredi 6 juin 2018. 23h00.

Mon papier sur Paule du Bouchet est repoussé à une quinzaine. Dans un sens ça m’arrange. Cela faisait deux jours que je n’arrivais pas à le démarrer et que j’accumulais l’inquiétude. Raphaëlle me propose de parler, avant, de Matières fermées de William Cliff, long poème scandé. De sa vie, encore, mise en sonnets, en liasses. Je suis vraiment content qu’elle me confie ce texte. J’avais été voir Cliff chez lui à Gembloux, il y a dix ans, comme il venait de publier Immense existence. C’était en juin aussi, je crois. Il faisait un drôle de temps, il m’avait entraîné dans une balade de bout de champ voir un cheval brabançon dans sa pâture. J’avais retrouvé Amélie le soir à Bruxelles. Aujourd’hui, je suis allé l’attendre au dernier train. Elle vient une journée en avance à cause de la grève à la SNCF. Rien ne circule demain, ni après-demain

Mardi 5 juin 2018. 20h50.

J’ai finalement envoyé mes pages à Isabelle. Elle les a lues très vite. Moins d’une heure après, j’avais un message d’encouragement. Ne te torture plus car le livre est au bout de tes doigts, ta musique, ton rythme, la contruction, tout y est... Vraiment. Il suffit de te laisser aller. Merci. Je me sens conforté. Alors je continue.

mardi 5 juin 2018

Lundi 4 juin 2018. 18h50.

Il y a un mois environ, j’ai rêvé de Mr. Latham, le mari de Mrs. Latham. Reginald et Violet Latham. J’avais fait un séjour d’un mois chez eux, tout seul, à Woodford, en 1967 ou 1968. Ils étaient le beau-frère et la belle-sœur de Mr. et de Mrs. Palmer chez qui nous passions tous les étés, à Chigwell. J’y allais pour perfectionner mon anglais bien sûr. Mais je n’avais guère fait de progrès. Ils avaient une soixantaine d’années à l’époque. C’était un couple de lettrés (ils avaient publié de la poésie, il avait traduit des auteurs français, dont Gide). Ils étaient patients. Avec moi, en tout cas. Dans mon rêve il n’y avait que lui, il remontait du jardin, les genoux du pantalon terreux. S’essuyait les pieds avec application sur le paillasson et se calait dans une grande bergère recouverte d’un imprimé fleuri. Il toussait pour s’éclaircir la voix et se mettait à déclamer des vers en anglais. Je ne comprenais rien, mais j’étais captivé. Et cela durait longtemps, longtemps. Au réveil, je me suis souvenu que Mrs Latham m’avait envoyé, après sa mort en 1988, un recueil de poèmes inédits qu’elle avait rassemblés. Je l’avais à peine ouvert, mais je l’ai retrouvé sans peine dans la bibliothèque. Dans la petite préface, elle écrivait : At the age of 86, Reg was fortunate enough to die suddenly and peacefully in our garden after planting daffodils… J’en ai frissonné de trouble. J’ai lu ces textes, comme j’ai pu, certains que je parvenais à traduire, étaient particulièrement beaux. Doux. Apaisants. J’ai cherché, du coup, ce qu’il avait publié. Je n’ai trouvé que deux titres que j’ai heureusement pu commander à des librairies d’occasion anglais. Verses and cuts, le premier, date de 1934, le second, que j’ai reçu au courrier ce matin, Latham’s nonsense verses, de 1948. Je vais m’y atteler. Je sens bien que tout cela n’advient pas par hasard.

Dimanche 3 juin 2018. 21h40.

Je me suis remis au livre. J’écris une ligne, puis une ligne. Je réapprends à travailler.

Samedi 2 juin 2018. 18h00.

Nous avons profité que la chienne était chez la toiletteuse (après son séjour « à la ferme », elle en avait vraiment besoin), pour déjeuner au Comptoir. Les restaurants où l’on se sent bien sont rares par ici. L’adresse a ouvert en 2013. Avant, les propriétaires, Patricia et Michaël, étaient les gérants de Chez Plumeau, rue du Calvaire, je crois, tout près de la place du Tertre. J’ai dû y aller une fois, il y a longtemps, avec Alain. Il venait de prendre un poste de fabriquant dans le XVIIIème. Ce devait être en 2002 ou 2003. Peut-être y étaient-ils déjà ? Amélie a réservé pour un midi de juillet, lorsque les petites seront à Carolles. Enfin, les petites… Victoria va avoir quatorze ans, Valentine en a onze, Apolline ma filleule bientôt sept. Leur cousin Thomas sera là aussi. Avec ses onze ans tout frais (il est du 5/6/7…). Cela fera une belle tablée. Ne manquera que Camille. Mais, pour le coup, celle-là est bien grande. Elle a dix-sept ans. Et son Roméo d’aujourd’hui s’appelle Rodrigo. A la rentrée prochaine, après son bac, elle partira au Canada faire ses études. Mon Dieu.

lundi 4 juin 2018

Vendredi 1er juin 2018. 22h20.

Déclaration de revenus « en ligne ». Le moyen de faire autrement... ? Nous nous sommes emberlificotés dans les numéros d’identification à entrer pour ouvrir le dossier. Passé un temps infini. Enfin, c’est fait. Sans commentaires. J'ai nettoyé les rosiers, à nouveau courbés sous les pluies d'orage. Enlevé les fleurs fanées des rhododendrons. Le ponticum était magnifique lorsque je suis parti à Paris. Tout a été flétri en deux jours. Nous avons invité Brigitte et Yann à dîner. Poulet à l'estragon. Pointes d'asperges. Bourgogne-passetoutgrain.

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