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mardi 10 octobre 2017

Mardi 10 octobre 2017. 20h20.

Achevé un nouveau chapitre. Que c’est long, que c’est long, que c’est long. (C’est que c’est long et triste…, comme dit la souris dans Alice)

Lundi 9 octobre 2017. 20h45.

J’ai répondu à Jacques qui me demandait quels étaient les titres de rentrée que je verrais bien figurer dans la sélection du prix Printemps du roman. Pour moi, il n’y en a qu’un : Les hommes de Morgiève.

Dimanche 8 octobre 2017. 22h30.

J’ai retrouvé une petite pile de dossiers appartenant à mon père que j’avais soustraits à la rapacité de mon demi-frère quand il était venu en 2006 récupérer toute une masse de documents, souvenirs et bibelots. Je les avais si bien cachés en fait que je les avais complètement perdus de vue. Il y a notamment des lettres éclairant les circonstances de son renvoi d’Indochine (ridicule et injuste) par de Lattre, et les « compensations » qui ont suivi. Ca m’est précieux. Pas de nouvelles, par ailleurs de ma belle-sœur qui a chez elle d’autres dossiers et surtout le journal de mon père. Je n’arrive pas à me décider à lui téléphoner. Je devrais pourtant.

Samedi 7 octobre 2017. 23h45.

Deux ans aujourd’hui que La Harpe est née à son élevage des Eaux vives d’Achères-la-Forêt. Elle est arrivée à Carolles début janvier. Depuis que je me suis attelé (pour de bon) à mon malheureux roman, je l’emmène peu se promener. Elle n’a pas l’air de m’en vouloir et se couche à mes pieds tant que je reste à mon bureau. Dîner chez Brigitte et Yann. Magnifiques homards grillés (c’est vrai qu’ils sont toujours au régime…).

Vendredi 6 octobre 2017. 20h50.

Amélie ne vient pas ce week-end. Elle est à Toulouse pour le festival Polars Sud. Et enchaîne samedi et dimanche à Gradignan pour Lire en Poche.

Jeudi 5 octobre 2017. 21h10.

Je ne tiens pas mon programme. Les heures filent. Je suis désespérément lent.

jeudi 5 octobre 2017

Mercredi 4 octobre 2017. 22h00.

Fini ce fichu chapitre. Enfin. J’ai mis de l’ordre dans les notes et les documents entassés sur mon bureau. En triant les photos, je suis tombé sur le portrait d’un gaillard barbu à l’air farouche, en uniforme de sergent chef. Mon père avait écrit au dos : Mon oncle Julien, mari de la sœur de ma mère. Guerre de 1914. Or, je ne connaissais qu’une sœur à ma grand-mère, la « tante Blanche » qui était, j’en étais sûr, restée célibataire. Il en existait donc une autre. J’ai passé un bon moment sur le site des archives départementales de Seine-Maritime et j’ai fini par la découvrir : Marguerite, Louise, Albertine, née le 29 juin 1882 au Petit-Quevilly. Sur l’acte, il y a mention de son décès le 17 septembre 1963 au Trait. Pas de trace de mariage, mais elle doit être l’épouse du Julien de la photographie. Je n’ai jamais entendu mon père en parler. Il faut bien avouer qu’il ne parlait guère. Qu’il ne me parlait guère.

Mardi 3 octobre 2017. 22h45.

Trois lignes au plus. Je n’avance pas. Du tout. Annick et Norbert, rentrés de la veille de Sanary, sont passés à la maison. Je les ai gardés à dîner. Soulagé en fait de ne pas avoir à continuer de patauger dans cette mélasse toute la soirée encore.

Lundi 2 octobre 2017. 20h10.

Jean Galtier-Boissière, le fondateur du Crapouillot (Bernard m’a offert les quatre tomes de son Journal, tenu de l’Occupation à 1950) rappelle, au moment de la mort de Louis Roubaud en octobre 1941, cette anecdote à propos de l’auteur de Démons et déments, grand journaliste s’il en fut. Roubaud écrit alors dans Le Quotidien d’Henri Dumay, journal rad-soc financé par Jean Hennessy. Un jour Dumay le fait comparaître et lui annonce qu’il a été dénoncé comme royaliste et lui demande de dire franchement quelles sont ses opinions politiques. « J’ai l’opinion du journal qui m’emploie », répond Roubaud. Ca m’a fait la journée. Je me suis souvenu que lorsque je travaillais à Point de Vue, certains disaient que j’étais un cryptocommuniste. Plus tard, à Next, le supplément de Libé où j’ai tenu une chronique pendant plus de six ans, d’autres racontaient que j’étais un réac. Noter qu’aujourd’hui je doute que personne dise quoi que ce soit à mon sujet…

lundi 2 octobre 2017

Dimanche 1er octobre 2017. 21h50.

Il y a encore des fleurs ici. Je ne les voyais plus tant je sentais tout envahi d’automne. Je les ai redécouvertes grâce à Victoria. Le tremblement de terre au Mexique l’a jetée dans une inquiétude angoissée dont elle a du mal à se sortir. Je ne savais pas bien comment aider de si loin cette petite fille. La correspondance met des mois à parvenir là-bas et les courriels m’apparaissaient bien secs, bien vides, inutiles en un mot, tant il me semblait qu’il lui fallait des mots à toucher. J’avais envie aussi de lui glisser avec mes lettres, dans l’enveloppe, plein de petits porte-bonheurs, des feuilles, des plumes d’oiseaux, des pétales séchés, quelques grains de sable. J’ai eu l’idée de la promener dans le jardin, avec moi. Chaque jour, je lui envoie la photo d’une fleur au hasard des plates-bandes. Un dahlia Galaxie, au mauve lumineux, une tête d’hortensia Générale vicomtesse de Vibraye panachée de rouge clair et de vert, une rose trémière blanche, des fuschias de Magellan, des sédums… Je m’aperçois que je suis encore loin d’être allé au bout de cette flânerie douce. Il commençait à pleuvoir lorsque j’ai accompagné Amélie à la gare. Le train s'ébranle. Mon cœur se ferme avec les portes automatiques. Il fait silence. Il attend.

Samedi 30 septembre 2017. 18h10.

Grande éclaircie en fin de matinée. Cela a permis à Amélie de faire son longe-côte. Je l’ai accompagnée en marchant sur la grève. La chienne chassait les mouettes et fouillait du museau dans le varech.

Vendredi 29 septembre 2017. 22h00.

Journée de rangements, de cuisine. Pour faire des « moules thaï », Amélie avait rapporté de Paris du galanga, du basilic asiatique, du cumbawa et je ne sais plus quels ingrédients encore. Ce n’était pas mal du tout. Nous avons rajouté du piment quand même. Je crois qu’à chaque fois nous augmentons la dose. Emmanuel est sorti de la clinique. Ils ne l’auront pas gardé longtemps. Son bras doit rester immobilisé plus d’un mois. Je crois qu’il existe une (vraie) sainte Patience, vénérée dans le Sud-Ouest. Ca vaudrait le coup de lui consacrer une neuvaine.

Jeudi 28 septembre 2017. 23h00.

La lettre au sujet des archives de mon père que j’avais renvoyé à ma belle-sœur Noëlle lui a été distribuée (je l’avais expédiée en « lettre suivie »). Je vais attendre une semaine pour me manifester. Pourquoi diable reste-t-elle dans ce silence ? Qu’est-ce que ça peut donc lui faire de me rendre ces quelques documents ? Emmanuel est rentré en clinique hier après-midi. Il a été opéré aujourd’hui de l’épaule. Il avait fait une chute il y a un an, s’en était mal remis. Il ne pouvait presque plus se servir de son bras gauche. L’intervention était devenue indispensable. Tout s’est bien passé, mais son réveil a été vraiment douloureux. J’ai fait des courses à Granville. Déjeuné d’une douzaine d’huîtres sur le port. Nettoyé la maison, coupé les dahlias fanés au jardin, pour l’arrivée d’Amélie que je suis allé chercher au train de 20h00. J’avais mis au frais une bouteille de champagne.

Mercredi 27 septembre 2017. 20h20.

Les feuilles mortes du figuier jonchent la terrasse. Brunes, détrempées. Je n’avance pas.

mercredi 27 septembre 2017

Mardi 26 septembre 2017. 22h10.

Je me suis décidé à faire de nouvelles propositions à Olivia pour le Elle. Notamment le Mona Thomas (L'histoire de la grande Marie chez Arléa) sur son amitié avec Marie Dedieu. Le Wendy Guerra aussi. J’avais laissé passer les premiers titres la rentrée. A quoi bon ?, avais-je pensé. Toujours ce sentiment d’être un peu « en trop »… J’ai reçu au courrier la médaille en argent de mon prix Paul-Verlaine de l’Académie française. Je l’ai posée sur mon bureau. Comme un petit talisman pour lutter contre mes découragements.

lundi 25 septembre 2017

Lundi 25 septembre 2017. 21h00

J’ai renvoyé à ma belle-sœur Noëlle la lettre où je lui demandais à nouveau de me rendre les archives de mon père. Je pense qu’elle a reçu la première, en août, mais je fais comme si rien ne lui était parvenu. Une autre tentative. Si elle ne répond toujours pas, je ne vois pas bien ce que je vais pouvoir tenter. Je suis retourné chez Simone cueillir quelques tiges d’hortensias. Rendu les clés de son portail à Mme Bassard à qui j’ai apporté un pot de compote des pommes de son jardin. Elle se plaint de son genou qui la fait souffrir. Surtout elle s’ennuie. Marché une heure avec La Harpe sur la falaise. Il tombait une bruine très douce.

Dimanche 24 septembre 2017. 20h20.

Aline Kiner est repartie par le train de 9h00. Nous avons épluché toute la cagette de pommes que Martine, la fille de Mme Bassard, nous avait déposée hier après-midi. Cinq ou six kilos. Cuit en compote avec quelques clous de girofle. Mis en pots et stérilisé. J’avais demandé à Simone Vaysset, notre voisine du chemin (quatre-vingt dix ans et quelques) qui est repartie à Paris la semaine dernière, si je pouvais passer prendre des hortensias dans son jardin. Nous en avons fait deux gros bouquets. Cueilli aussi des poires (de grosses Beurré-Hardy). Lent après-midi d’automne. Il a recommencé à pleuvoir. Je retrouve cette puissante mélancolie des dimanches soir, où le soir tombe, gris, sur mon chemin du retour à la maison, après que j’ai accompagné Amélie à la gare.

Samedi 23 septembre 2017. 22h45.

Levés tôt pour le marché de Granville. Acheté des homards, des bulots, des cèpes, des chanterelles, des fraises. Un énorme bouquet d’asters et d’hélénies. Amélie est allée chercher Aline Kiner à la gare pendant que je finissais mes bulots à la vénitienne. Une recette de Marie Lacombe à la Bauta, boulevard Montparnasse. Comme j’aimais cet endroit… Marie(a) est repartie à Venise il y a longtemps. Nous étions allés dîner dans son restaurant de Santa Croce en 2013. Je lui avais écrit une année. Je n’ai plus de nouvelles. En fait de bulots, là-bas, il s’agit plutôt de murex épineux, mais somme toute on s’y retrouve. C’est très simple. Après avoir cuit longtemps les bulots dans un court bouillon très poivré, il faut les décoquiller, retirer le tortillon digestif et les couper en deux ou trois morceaux avec des ciseaux. Bien les rincer à l’eau tiède afin d’éliminer les sécrétions visqueuses et les égoutter soigneusement. On les mélange à un hachis de feuilles, de tiges de céleri, et d’échalotes. Ne pas hésiter sur la verdure : il faut que cela ait un aspect de taboulé libanais. Assaisonner d’un peu de graines de coriandre moulues, poivrer (encore), saler un rien. Huile d’olive et juste un trait de balsamique. On laisse reposer à température pendant deux bonnes heures. Voilà. J’ai l’impression d’être en vacances, a dit Aline Kiner comme nous déjeunions sur la terrasse. Le bord de mer, le grand ciel bleu. On se serait cru en été. Je l’ai emmenée voir le Mont à Saint-Léonard. Des troupeaux de moutons paissaient dans l'herbu. Temps arrêté. La rencontre s’est bien passée. Les gens semblaient vraiment contents. Elle est restée un bon moment à signer ses livres. Nous avons voulu inviter Brigitte et Yann à partager notre dîner. Mais Yann qui a subi toute une batterie d’examens de santé ces derniers temps a décidé de se mettre au régime. Il n’avait pas envie, je le comprends, d’y faire déjà une entorse.

Vendredi 22 septembre 2017. 23h00.

J’ai fini de préparer la rencontre de demain avec Aline Kiner. Eté chercher Amélie à la gare. Marché à Jullouville. Le temps est passé d’un coup au beau. Nous avons même pu déjeuner dehors. Grande promenade sur la grève. La marée avait abandonné, asphyxiées dans quelques centimètres d’eau, une quantité de grandes méduses bleutées (Rhizostoma pulmo). J’ai hésité à en ramasser. Je ne sais pas comment les conserver. J’avais fait une fois une tentative dans l’alcool. Tout le corps gélatineux s’était dissous en moins d’un mois. Concert le soir à l’abbaye de la Lucerne. Nous y avons retrouvé Martine, Agathe et Jean-Pascal. Philippe Pierlot dirigeait les Vêpres de Monteverdi. J’ai depuis l’adolescence ce même frisson qui court en entendant le Duo seraphim. Clamabant alter ad alterum…

Jeudi 21 septembre 2017. 20h10.

Il pleut. Le jardin est gorgé d’eau. Et moi qui voulait prendre une heure ou deux pour nettoyer les plates-bandes… J’ai envoyé à Raphaëlle le petit papier sur « Je me promets d’éclatantes revanches » de Valentine Goby où elle parle de sa découverte de Charlotte Delbo. Regardé La nuit des béguines, et les deux autres livres d’Aline Kiner (Le jeu du pendu, La vie sur le fil). Elle est l’invitée, samedi, des Rencontres littéraires. Pédicure dans l’après-midi. Cette fois encore, j’ai eu beau lui demander d’y aller doucement en enlevant la corne, il s’est encore appliqué à me mettre les talons à vif. Il va falloir que je m’en trouve un autre. Marcus et Virginie sont partis à Chicago, laissant les filles à Mexico. Leur week-end était prévu de longue date. Ils voulaient voir les Monet à l’Art institute et passer une soirée à l’opéra. J’ai regardé le programme. Ce devrait être l’Orphée et Eurydice de Gluck, dans la version française. Ca finit bien mieux que dans le récit mythologique puisque l’Amour arrache une seconde fois Eurydice aux Enfers. Ne doutez plus de ma puissance !/ Je viens vous retirer de cet affreux séjour,/ Jouissez désormais des plaisirs de l'amour ! Virginie a écrit à Amélie : Victoria n’est pas sereine du tout... Moi pas à 100% non plus… ! Mais la vie continue ! Là-bas, le temps de leur absence, Camille va devoir avec, ses sœurs, faire « la petite maman » et la grande sœur responsable. Pas simple.

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